17 mars 2008
LEXIQUE QUEBECOIS
Expressions diverses et très courantes:
* Les trois repas ici sont: le déjeuner (matin), le dîner (midi) et le souper (soir).
* Ajout de "-tu" après les questions: T'en veux-tu? Il en veut-tu? Ils en veulent-tu? Tu m'écoutes-tu? Je l'ai-tu?
* J'en ai en masse, j'en ai un char et puis une barge (beaucoup, en grande quantité)
| * T'sais? (réduction de: tu sais?). Plusieurs Québécois ponctuent généreusement leurs phrases de cette petite expression! * À c't'heure ou Asteure (réduction de "À cette heure", a le sens de maintenant) * Envoye-donc! (lorsqu'on veut convaicre quelqu'un de faire quelque chose) * Pantoute! (ou "pas-en-toute", signifie "pas du tout!") * Tiguidou! (c'est d'accord!) * C'est écoeurant! C'est l'enfer! (peut être extrêmement négatif OU extrêmement positif) * Pendant la belle température, comme il est agréable de prendre une marche (faire une ballade à pied) |
* Je suis tanné, c'est plate (j'en ai marre, c'est ennuyant / ennuyeux)
* Je suis mal pris (en détresse, j'ai besoin d'aide)
* Au Québec, on n'aime pas les gens qui s'énervent! Tords pas tes bas! Capote pas! Brise pas ta chaîne! Garde tes shorts! Grimpe pas dans les rideaux! Mange pas tes bas! Pogne pas les nerfs! Prends ton gaz égal (du calme!)
Les noms (lexique):
| * Un abreuvoir (fontaine pour boire) * Une agace (aguicheuse) * Un aiguisoir (taille-crayon) * La balloune (ballon) * Un barbier (coiffeur) * Des barniques (lunettes) * Une broue (une bière) * Un bazou (une vieille auto) * Des bébelles (jouets ou babioles) * Un bec (un bécot, un baiser) * Une bécosse (toilette sèche) * Un bécyque (une bicyclette) * Une bédaine (gros ventre) * Une bibitte (insecte ou animal inconnu) * Des bidoux (de l'argent) * Ma blonde (mon amoureuse) * Des bobettes (caleçon, sous-vêtement) * Une calotte (casquette) * La cassonade (sucre brun) * Un cégep (collège) * Un char (voiture) * Une chicane (conflit) * Mon chum (ami, copain ou amoureux) * Un citron (auto en mauvais état) * Des claques ou chouclaques (couvre-chaussures) * Une craque (remarque désobligeante) * Une débarbouillette (une savonnette) * Un dépanneur (petit magasin général) * Des flots (des enfants) |
* Du foin (de l'argent) * Des foufounes (fesses) * Un frigidaire (réfrigérateur) * Galarneau (le soleil) * Un Gino (un macho, un phallocrate) * Une lampe de poche (lampe-torche) * De la liqueur (boisson gazeuse) * Un minou (un chat) * Mes mitaines (moufles) * Une passe (un laissez-passer) * Une patate frite (des frites) * Des patates pilées (pommes de terre en purée) * La pâte à dents (dentifrice) * Une patente, un cossin (truc, chose, objet inconnu) * Une peignure (coiffure) * Un perron (petite véranda) * Une piastre ou piasse (un dollar) * Un piton (bouton qu'on appuie) * Un pitou (un chien) * Un plasteur (pansement) * Une pogne (piège, ruse) * Une polyvalente (école secondaire) * Quétaine (moche, passé mode) * Un siffleux (marmotte) * Des sparages (grands gestes) * Une tabagie (vend cigarettes et journaux) * Une tuque (bonnet d'hiver en laine) * Des vidanges (ordures) * Une vue (un film) |
Les actions (verbes):
* S'accorder comme chien et chat (se chicaner tout le temps)
* Se prendre pour un autre (se croire plus important qu'on ne l'est réellement)
* Achaler, gosser, tomber sur les nerfs (déranger quelqu'un)
* Être sur son 36, se mettre beau ou belle (être chic)
* Ambitionner su' l'pain béni (abuser d'une situation avantageuse)
* Attacher son manteau (boutonner)
* Avoir le coeur gros (être triste, mélancolique)
* Avoir les yeux dans la graisse de binnes (regard amoureux, rêveur)
* Baragouiner l'anglais, parler anglais comme une vache espagnole (avec beaucoup de difficulté)
* Barrer la porte (fermer à clé)
* Bavasser (bavarder, se comporter en délateur)
* Bêcher (tomber tête première)
* Becotter (embrasser)
* Brailler (pleurer)
* Brosser (se saouler)
* Capoter, perdre le nord (paniquer, devenir fou)
* Chauffer (conduire un véhicule)
* Chiâler (se plaindre)
* Chicaner (engueuler, réprimander)
* Crouser (faire la cour, conter fleurette)
* Écrapoutir (écraser)
* Au Québec on embarque et on débarque d'une voiture (d'un char)
* Enfirouaper (jouer quelqu'un)
* Être fou comme un balai ou comme d'la marde (dingue, en état de panique ou fou de joie)
* S'évacher (s'affaler, paresser)
* Faire la baboune, faire du boudin (bouder)
* Faire dur (avoir mauvaise mine, mauvaise apparence)
* Faire ses commissions (ses emplettes)
* Magasiner (faire des achats)
* Manger une volée (se faire tabasser)
* Minoucher (caresser)
* Paqueter, paqueter ses p'tits (empaqueter ses choses, faire ses valises)
* Partir le char (démarrer la voiture)
* Placotter, jaser, potiner (bavarder, discuter)
* Pogner (agripper, empoigner ou encore avoir du succès en amour)
* Se faire passer un sapin (se faire rouler)
* Se pogner l'cul (ne rien faire, paresser)
* Sacrer son camp (partir, quitter)
* Se sauter dans la face (s'engueuler)
* Taponner (perdre son temps)
* Tirer la pipe à quelqu'un (agacer, taquiner)
Emprunts aux langues amérindiennes:
* achigan (mot algonquin qui signifie «celui qui se débat»): perche noire.
* babiche (de l'amérindien «sisibabiche» qui signifie «petite corde»): ce mot désigne aujourd'hui des sandales.
* carcajou (blaireau du Labrador).
* caribou (mot algonquin signifiant «qui creuse avec une pelle»): renne nordique qui creuse la neige pour trouver sa nourriture.
* mocassin (mot d'origine algonquine): chaussure souple en cuir.
* ouananiche (mot montagnais qui signifie «le petit égaré»): saumon d'eau douce de la région du Saguenay.
* ouaouaron (mot d'origine iroquoise qui signifie «grenouille verte»): grenouille de très grande taille.
* tabagie: à l'origine, cérémonie amérindienne au cours de laquelle on fumait le calumet de la paix. Aujourd'hui, le mot est employé pour identifier un marchand de tabac.
* toboggan (mot d'origine algonquine «otaban» ou «tabascan»): traîneau de bois sans patins recourbé à l'avant. Les Amérindiens se servaient du toboggan pour transporter des marchandises en hiver. Ils le tiraient à l'aide d'une courroie passant autour de la poitrine. Encore aujourd'hui appelé «traîne sauvage», le toboggan est devenu un des jeux d'hiver préférés des jeunes Québécois.
* wapiti (mot d'origine algonquine qui signifie «daim blanc»): grand cerf du Canada et de la Sibérie. Les anglicismes:
* Baquer (donner son appui, son accord)
* Bosser (se comporter comme si on était le patron)
* Canceller (annuler)
* Une cédule (un horaire)
* Être djammé (coincé), raqué (fatigué, endolori), dérenché (en piteux état), fucké (brisé), badloqué (malchanceux).
* Kiquer (donner un coup de pied)
* ouatcher (garder à l'oeil)
* Ploguer (brancher)
* Puncher (donner un coup de poing)
* Slaquer (congédier)
* Spotter (apercevoir)
* Rusher (se dépêcher, faire à la hâte)
* Toffer (endurer une situation désagréable)
* tripper, bozer (avoir énormément de plaisir, être en extase)
* Vedger (paresser, perdre son temps)
* La sloche (gadoue), la scrappe (déchets), la poque (rondelle de hockey), l'élévateur (ascenseur), le flat (crevaison), le beurre de pinottes (d'arachides).
* Le "Bonhomme Sept Heure", personnage légendaire utilisé pour faire peur aux enfants qui refusaient d'aller se coucher, prendrait son nom de "Bone Setter", nom anglais donné aux ramancheurs.
* Le mot "pitoune" utilisé aujourd'hui pour parler d'une belle femme (pas toujours très flatteur pour la fille en question), fut également utilisé par les bûcherons pour parler de troncs d'arbres. Le mot viendrait de l'anglais puisque les bûcherons anglophones avaient hâte à leur congé pour aller fêter et revoir des femmes à la "Happy Town" (la pitoune pour des oreilles francophones).
La météo:
* Il mouille (il pleut)
* Il fait frette (très froid)
* Il mouille à boire debout (abondamment)
* Il mouille à sieaux (beaucoup, comme si on vidait des seaux d'eau)
* Il vente pour écorner les boeufs (violemment)
* Des bancs de neige (congères)
* Du frimas dans les vitres (fine couche de glace)
* De la poudrerie (blizzard)
P'tits mots doux:
Mon pitou, ma pitoune, mon minou, ma minoune, mon b'bé, mon pitte, mon coco, ma cocotte, mon chou, mon chouchou, ma chouchoune, ma belle chouette, ma poupoune, ma poune, mon toutou, ma toutoune, mon pitchounet, ma pitchounette, ti-gars, fifille, mon beau bonhomme, mon homme, mon ti-nomme.
http://www.republiquelibre.org/cousture/EXPRES.HTM
20 octobre 2007
HALLOWEEN AU QUEBEC
Depuis toujours, Halloween est fêté partout au Québec.
Octobre est fini. Comme chaque année, tout le mois, elles ont découpé à pleins ciseaux dans des moumoutes d'acrylique; elles ont cousu des boutons, des paillettes, des ailes...elles ont aussi confectionné toutes sortes de chapeaux, chapeaux de sorcières, bien sûr, chapeaux pour des fées, des lutins, des clowns. Elles ont arrimé des oreilles sur la tête d'une collection d'animaux (chats noirs, rats, chauves-souris...) et de monstres. En bref, elles ont confectionné des deguisements.
Le 31 octobre est arrivé et chaque mère, après une séance matinale d'habillage, suivie d'un maquillage minutieux, a pu contempler son enfant - ou ses enfants - prêts pour l'Halloween.
Les maisons ont été décorées, recouvertes de gigantesques toiles d'araignées ou de grosses bêtes noires et velues, quelques feuilles d'automne et des chauves-souris s'entremêlent. On a sorti les épouvantails à tete de mort, les fantômes et autres simulacres de sorcière. La traditionnelle citrouille trône sur le seuil de la maison, creusée et éclairée du dedans, grimée en visage d'épouvante.
Tous les enfants attendent avec impatience l’événement qui leur rapportera des tonnes de friandises. En effet, ici on fête le retour des sorcières sous l’influence de nos voisins les Américains. Toutes les maisons sont décorées de citrouilles, de toiles d’araignées et de créatures de toutes sortes pour le soir fatidique.
Dans les écoles, on permet souvent aux enfants de se costumer et des activités spéciales sont organisées sur le thème de l’Halloween, comme des chasses au trésor, ou des concours de déguisements. Pas besoin de te dire que je ne connais aucun gamin qui déteste cette fête annuelle !
Quoique devenu très commercial, Halloween permet aussi de s’instruire, par exemple en passant un après-midi à l’insectarium de Montréal, qui propose des activités spéciales sur les araignées, pour l’événement.
À Sainte-Anne-des-Plaine, il y a le Festival de l’Halloween, depuis plusieurs années, qui favorise les sorties familiales. Pendant 10 jours, on y présente des spectacles, des concours, des discos ou encore du karaoké. Les enfants sont invités à utiliser leur créativité durant les séances de bricolage ou d’improvisation qui ont lieu tout les jours.
Des liens:
http://www.toile.com/guides/evenements/halloween
http://perso.orange.fr/site_voltaire/2000-2001/cm2b/halloweenchezn/default.htm
Pour nos princesses, nos mini-fantômes et nos chauves-souris, on concocte un repas léger et nourrissant qui saura combler leurs petits appétits.
- Bouchées de saucisse au miel et à la moutarde
- Sandwichs aux carottes
- Maïs soufflé au caramel
- Tarte crémeuse à la citrouille
- strudel au croustillant aux pommes
Vous optez pour un repas entre amis?
Laissez-vous inspirer par ce menu aux saveurs automnales pour charmer les papilles de vos invités masqués.
Hors-d'oeuvre:
Entrée:
Plat principal
Dessert
Si vous organisez plutôt un party qui se tiendra en soirée, un éventail de hors-d'oeuvre savoureux et un dessert bien sucré sauront rassasier les vampires les plus affamés!
- Ailes de poulet piquantes
- Bouchées de poulet à la lime et à l'orange
- Tostadas au guacamole
- Croûtons aux champignons
- Roulades de courgettes aux noix
- Tartinade aux épinards et au féta
- Gâteau à la citrouille et aux pacanes
Enfin, pour impressionner vos convives, pourquoi ne pas présenter certains de ces plats dans des courges bien évidées? Rien de mieux que des plats de service comestibles pour une touche d'originalité!
Bon appétit!
28 août 2007
LA FÊTE DE LA MOISSON
Rendre grâce pour l'abondance des récoltes, tel était le but de la fête de la moisson qui avait lieu, comme son nom l'indique, à cette période. Reconnue comme une coutume française, la fête de la moisson n'a cependant laissé aucune trace dans la mythologie gauloise ni dans les textes ou illustrations du Moyen Âge comme si on avait voulu faire croire qu'il s'agissait d'anciens cultes païens christianisés. Or, des manifestations semblables ont été trouvées chez les Hébreux et dans les pays slaves où elles ont été popularisées à la période de la Renaissance. D'origine obscure, il est cependant plus probable que ces fêtes nous soient parvenues par le biais de la France plutôt que par l'Angleterre.
Plusieurs traditions marquant la fin des moissons subsistent en Normandie. Ces fêtes comprennent des rites qui suivent chacune des étapes de la moisson. Dans certaines régions, les récoltes amènent un surcroît de travail et il est parfois nécessaire d'engager du personnel supplémentaire pour mener à bien les récoltes dans un délai fixé par l'approche de l'hiver. On appelait ces travailleurs saisonniers les Aoûteux.
Les fêtes de la moisson étaient habituellement célébrées par une messe suivie de jeux et de danses et se terminaient par un repas. Les festivités pouvaient avoir lieu le dernier jour du fauchage ou lorsqu'on avait fini de rentrer le blé. Cependant, ces traditions ont perduré tant que le travail aux champs était manuel. La mécanisation des travaux a contribué à rendre moins vivaces ces fêtes et ces corvées pour lesquelles tous les membres de la famille, les engagés et parfois même le voisinage étaient monopolisés.
Aucune manifestation de la fête des moissons n'a été retracée aux XVIIe et XVIIIe siècles en Nouvelle-France mais on trouve quelques mentions au XIXe siècle où elle est encore observée, notamment dans l'ouvrage de Pamphile Lemay, publié en 1898 et intitulé Fêtes et corvées. Au Québec, les manifestations autour des moissons sont mieux connues sous le nom de la grosse gerbe. Depuis trois ans cependant, une Fête des moissons a lieu à Saint-Joseph de Beauce. Cet événement familial prend place au début de septembre et vise à faire connaître les produits cultivés dans cette région. C'est l'occasion pour plusieurs producteurs d'offrir leurs produits frais du jour et leurs spécialités. Les visiteurs en profitent alors pour faire des provisions et même achètent de quoi faire des conserves.
La grosse gerbe
La gerbe est le symbole de la moisson, de l'abondance et de la prospérité. Elle représente toute l'énergie de la végétation et revêt au plan magico-religieux l'image de la force sacrée qui protège contre les maladies. La gerbe est aussi signe de nourriture et lorsqu'elle est liée, c'est-à-dire que plusieurs javelles sont regroupées pour former un seul faisceau ou bouquet, elle symbolise alors la puissance qui résulte de l'union.
Parmi les coutumes reliées à la végétation, certaines célèbrent la première ou la dernière gerbe selon que l'on est au début ou à la fin des moissons. Dans certaines régions de la France, on laissait aux champs la dernière gerbe car elle était censée contenir l'esprit du blé. On chantait et dansait autour de la gerbe afin de marquer la fin des travaux mais aussi pour remercier Dieu de la récolte.
En France comme au Québec, la dernière gerbe est liée, souvent décorée de fleurs et de rubans, installée au milieu d'une charrette et ramenée à la maison dans une sorte de cortège formé des moissonneurs. Elle est parfois offerte à l'église paroissiale pour décorer lors de la messe de la moisson qui ouvre les festivités. Le bouquet de la dernière gerbe prend parfois la forme d'une croix, de couronnes ou encore de tresses de paille qui peuvent être conservées en signe de protection.
Au Québec, la fête de la grosse gerbe a été célébrée à maintes reprises depuis 1883 par l'École supérieure d'Agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière qui se faisait un honneur d'offrir à la communauté un banquet suivi d'une soirée récréative rappelant l'esprit des veillées de famille. Cette fête semble avoir fait partie des traditions de l'institution jusqu'au milieu du XXe siècle .
La fête de la grosse gerbe était célébrée par une soirée à la salle paroissiale. Faite de blé, d'avoine et d'orge, la gerbe était fabriquée et décorée pour l'occasion par la présidente des Enfants de Marie.
Aujourd'hui la fin des récoltes n'est plus marquée comme autrefois par un repas fastueux qui soulignait l'abondance de la nourriture. Les récoltes sont plus étendues dans le temps et la mécanisation des travaux a considérablement modifié les façons de faire. Malgré tout, une tradition de l'époque des corvées persiste encore de nos jours : la coutume des épluchettes de blé d'Inde.
10 mars 2007
L'HISTOIRE DES SUCRES

Avant l'arrivée des Français au Canada, les Indiens connaissaient déjà l'eau d'érable. Grâce à une entaille rudimentaire, ils recueillaient un peu d'eau sucrée qu'ils faisaient bouillir ; ils en tiraient un liquide épais et noirâtre, fortement sucré : c'était déjà du sirop d'érable. | |
Nos ancêtres ont imité les Indiens, car ils ne connaissaient pas l'érable à sucre avant de venir au Canada. Nous allons voir ensemble l'évolution de l'exploitation du sucre d'érable. La peinture murale représente une érablière au printemps ; en nous approchant, nous voyons différentes façons d'entailler les érables. Au tout début, on faisait une entaille à la hache, puis on fixait un petit morceau de bois ou de tôle, appelé goutterelle, goudrille ou coin, selon les régions. L'eau sucrée était recueillie dans une petite boîte en écorce de bouleau, appelée cassot d'écorce. On le mettait sur une planchette et on le maintenait en place en introduisant un petit caillou à l'intérieur. Assez tôt, nos ancêtres fabriquèrent à la main des seaux de bois, les baquets, qui remplacèrent les cassots d'écorce. | |
Dès le dix-neuvième siècle, on utilisa une mèche rustique, appelée gouge à cause de sa forme arrondie, pour creuser un trou dans l'érable. Puis, on fabriqua à la main, des chalumeaux de bois : un petit bout de branche, avec un trou dans le centre, pour laisser couler l'eau d'érable. À la fin du dix-neuvième siècle, on utilise une mèche pour entailler les érables, un chalumeau de métal et une chaudière de fer blanc. Les chaudières étaient de grandeurs différentes, ce qui permettait de les entreposer en les plaçant les unes dans les autres. Elles étaient de forme ovale, ce qui leur permettait de résister à la gelée, sans se briser. Les vilebrequins rustiques avaient une poignée en forme de fourche, afin d'appuyer le genou quand on entaillait les érables. Un quartier de bois nous fait voir des entailles vieilles de plus de cinquante ans. |
L'eau sucrée était recueillie à l'aide de seaux de bois ou de chaudières en métal ; on la transportait à la cabane dans un tonneau placé sur une traîne, tirée au début par un homme, puis par un bœuf ou un cheval. Il restait alors à faire bouillir l'eau d'érable pour obtenir le sirop, la tire et le sucre. |
Avant 1850, on faisait bouillir l'eau dans un chaudron de fer suspendu par une branche à des troncs d'arbres : c'était la potence. Cette installation rustique, placée dans la forêt, souvent sans abri, était peu économique, vu la perte de chaleur. On la remplaça par une cabane dans laquelle se trouve un foyer de vieilles briques ou de pierres, supportant un grand récipient, la casserole plate ; encore là, c'était peu pratique, car il fallait soulever un bout de la casserole pour terminer la cuisson et rendre le sirop d'érable à point, c'est-à-dire 216 à 218 degrés F. ou 102 à 103 degrés Celsius. |
La deuxième cabane à sucre nous présente une installation datant de 1913 et qui a servi pendant près de cinquante ans. Le foyer supporte quatre casseroles. L'eau d'érable arrive dans un grand réservoir, puis coule par des petits robinets dans les casseroles placées au-dessus du feu ; la plus grande, appelée "bouilleuse" comporte des pattes à travers lesquelles circulent les flammes : l'eau y bout très rapidement. L'eau sucrée s'évapore et on la transvide, à l'aide d'épuisettes, vers la première casserole où l'on fabrique le sirop d'érable ; si l'on fait bouillir le sirop davantage, on obtient la tire d'érable que l'on déguste après l'avoir étalée sur la neige. | |
À 240 degrés F. ou 116 degrés Celsius, la tire se change en sucre. Parmi les accessoires indispensables, on remarque des épuisettes pour transvider l'eau bouillante, un fanal, des raquettes pour faire la "tournée" des érables, une chaudière, de vieux fers à souder pour les réparations urgentes, une pelle rustique pour retirer les cendres, des moules à sucre et une boîte d'allumettes. À la "cabane à sucre", on conservait les allumettes dans une boîte de bois ou de métal, car il fallait les protéger contre les écureuils : ceux-ci auraient pu provoquer un incendie en rongeant les allumettes. Sur la première casserole, nous remarquons une broche servant à retenir un morceau de "couenne de lard" (peau de porc), ceci empêche l'eau ou le sirop de déborder en se gonflant sous l'effet de la chaleur. À l'extérieur, nous voyons un tonneau et une pompe servant à faire monter l'eau d'érable dans le réservoir intérieur. | |
Une troisième cabane abrite une installation datant des années trente, appelée communément un "champion". L'eau passe d'un récipient à l'autre au moyen de siphons : c'est un système qui marque une nette amélioration sur les précédents, car il n'y a plus besoin de manipuler l'eau d'érable. Les cabanes ont été construites avec le bois d'une vieille grange de plus de cent ans ; d'ailleurs, nous pouvons reconnaître l'odeur du vieux bois, témoin du travail de nos ancêtres. |
La collection de moules à sucre nous permet d'apprécier l'imagination de nos ancêtres : petites églises, livres de messe, maisonnettes, cônes, coqs, coeurs, etc. Enfin, signalons, que bien avant les hommes, les écureuils connaissaient le goût sucré de l'eau d'érable ; tous les "sucriers" ont vu bien souvent, au printemps, des écureuils lécher des petites branches d'érables, cassées par le vent : l'homme, encore une fois, n'a eu qu'à imiter la nature ! |
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Les régions de la Province de Québec où l'on récolte principalement les produits de l'érable sont la Beauce, Portneuf et l'Islet-Kamouraska. | |
Source : Le Musée François-Pilote, par Paul-André Leclerc
Les cabanes à sucre d'aujourd'hui sont apparues au début du 19e siècle. On y sert aujourd'hui des repas typiques composés de crêpes, de fèves au lard, de soupe aux pois, des oeufs, du jambon, des oreilles de crisse, des bonbons à l'érable, du beurre d'érable, de la tire sur la neige et sans oublier, le sirop d'Érable.
Une sortie inoubliable à la cabane à sucre
Les cabanes à sucre de la région de Québec illustrent fièrement les traditions et le savoir-faire de nos ancêtres. Venez partager une partie de sucre comme seuls les Québécois savent les faire. Vous aimerez l’ambiance des soirées d’autrefois, la promenade en traîneau dans l’érablière et l’irrésistible tire sur la neige.
31 décembre 2006
GRAND POW WOW A KAHNAWAKE
D’autres peuples amérindiens adoptèrent par la suite cet événement au courant duquel se rencontraient les grands chefs des différentes tribus. On profitait également de l’occasion notamment pour régler des conflits et signer des traités.
De nos jours, tout comme à l’époque de la Nouvelle-France, le chant et la danse sont à l’honneur au cours de cet événement à nature spirituelle.
Ces grandes fêtes traditionnelles ont été instituées au lendemain de la crise d'Oka afin de rapprocher les communautés autochtones, mais également pour tisser des liens avec la majorité blanche.
Des autochtones viennent d'un peu partout en Amérique pourcélébrer, à Kahnawake, la culture amérindienne. Il s'agit d'un événement qui prend chaque année plus d'ampleur et auquel assiste un public toujours plus nombreux et varié.
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Le pow wow, qui tire son origine du peuple algonquien, se déroulait autrefois au printemps afin de célébrer la renaissance de la nature.


















































