12 octobre 2008
FÊTE DE L'ACTION DE GRÂCE LUNDI 13 OCTOBRE 2008
La fête de l'Action de grâce remonte à la nuit des temps. C'était la fête de la Terre-Mère: féconde, abondante, généreuse – la fête de l'automne.
Dans presque toutes les traditions, c'est une déesse qui a donné l'aliment de base aux hommes. Dans la tradition hellène, c'est CERES, la déesse de l'agriculture qui donna le blé aux hommes. L'épi de blé est aussi l'attribut de la déesse de l'Abondance et de la Charité qui distribue à profusion les épis et toutes les nourritures qu'ils symbolisent. Il est intéressant de noter en passant que, pour les Anciens, l'abondance et la charité sont liées. Dans la grande tradition amérindienne, l’épi de maïs représente le pouvoir surnaturel qui habite la Terre-Mère d’où provient la nourriture nécessaire à la vie. Chez les Sumériens, la vigne était consacrée aux Grandes Déesses : arbre sacré, sinon divin, elle permet d’obtenir le vin, lui-même boisson des dieux.
Le jour de l’Action de grâce n’est célébré que dans six pays à travers le monde, dont les États-Unis (où le Thanksgiving's day est une fête très importante), le Canada et le Brésil. Officiellement, il a été fêté pour la première fois aux États-Unis en 1621.
Au menu de l’Action de grâce
On raconte qu’à l’occasion de la première de fête de l’Action de grâce, en 1621, 140 personnes – des Européens qui venaient s’établir en Amérique et des Indiens – ont festoyé pendant trois jours. Qu'ont-ils mangé? De la dinde... hé oui! Cet animal d'ailleurs mal nommé par Christophe Colomb qui pris l’oiseau pour une pintade...
En fait, il existait déjà des "poulles d’Ynde" au moyen âge, mais elles désignaient des pintades, par "Ynde" il était fait référence à l’Abyssinie, où la pintade vivait à l’état sauvage. Quand Christophe Colomb débarqua au Mexique, en croyant arriver aux Indes, il y découvrit le dindon auquel s’appliqua désormais le terme de "poule d’Inde". Le mot changea donc de sens : il ne désigna plus la pintade mais le dindon, et la dinde prit place sur les tables d’Europe dès la première moité du 16e siècle!
Que la dinde soit associée à l’Action de grâce, fête de l’abondance, n’est peut-être pas un hasard, car pour les Indiens d’Amérique du Nord elle est un symbole à la fois de puissance virile et de fécondité maternelle : lorsqu’il gonfle le cou, le dindon évoque l’érection phallique et ce serait, de tous les volatiles, le plus prolifique!
Fête de l'Action de Grâce
Recettes
Cliquer sur les recettes ci-dessous
Les hors-d'oeuvre
Brie farci à l'érable, aux pacanes et aux pommes
Chapeaux de champignon au crabe et au bacon
Craquelins, pommes et fromage fondu
Palmiers aux champignons et à la ciboulette
Trempette tiède au crabe
Entrées
Dinde rôtie
Poulet rôti
Rôti de porc
Rôti de porc facile
Les mets d'accompagnement
Carottes glacées sucrées
Casserole de brocoli au fromage
Chou rouge épicé
Légumes grillés aux fines herbes
Purée de pommes de terre au fromage facile
Variantes de farce STOVE TOP
Desserts
Gelée moulée JELL-O d'Eileen
Marmelade de canneberges au brandy
Pommes de la récolte cuites au four
Tarte à la citrouille à deux étages
Tarte aux pommes
http://radio-canada.ca/par4/_Calendrier/octobre.html
http://www.kraftcanada.com/fr/ThanksgivingCentre/ThanksgivingMenu/
01 avril 2007
COUTUMES ET CROYANCES (1)
Les augures
À ce qu'on dit, les premiers cris des corneilles annoncent l'arrivée du temps des sucres mais lorsqu'on entend ceux des outardes, ou lorsque la neige s'apparente à du gros sel, la coulée tire à sa fin. Il paraît même que lorsque les Plaines coulent beaucoup, le printemps sera gros et quand la neige tombe d'apparence mouillée et épaisse, c'est signe d'une bordée des sucres.
L'apparition de l'oiseau de sucre signifie qu'il est temps d'entailler, tandis que les papillons des sucres noyés dans les chaudières des érables annoncent la fin de la coulée. Par ailleurs, lorsque la Grande Ourse, la Casserole des sucriers, devient plate à l'horizon, le temps des sucres est arrivé. Selon les Beaucerons, quand on entaille les érables lors du croissant de lune, la coulée est abondante mais si l'érable coule trop vite au moment de l'entaille, la coulée ne durera pas longtemps.
L'heure du sauvage
Il existe encore, dans certaines cabanes, des marques au couteau sur le seuil de la porte. Lorsque le sucrier n'avait pas d'horloge pour indiquer l'heure, il se fiait sur l'heure du sauvage. Cette méthode consistait à faire des marques au couteau sur le seuil de la porte et et à vérifier sur quelle marque tombait l'ombre du montant de la porte. À chaque marque était attribuée une heure fixe basée sur l'équinoxe du printemps; ce procédé n'était donc plus valable pour les autres saisons. Le sucrier savait qu'il était midi lorsqu'il se pilait sur la tête, c'est-à-dire lorsqu'il pouvait marcher sur son ombre projetée par le soleil.
Don de sucre
Le sirop, la tire et le sucre font partie des aliments que l'on vend à la porte de l'église à l'occasion de la criée des âmes. L'argent qu'on en retire sert à faire chanter des messes pour les défunts de la paroisse. À certains endroits, on utilisait le sucre pour payer la dîme.
Le sucre, comme la viande lors de boucheries, peut être donné au voisin qui n'entaille pas, de même qu'à l'institutrice ou au curé: C'est le morceau du voisin , ou du curé, ou de la maîtresse. Les vieux parents qui se sont retirés au village, tout comme les frères, les soeurs et les enfants qui vivent éloignés, ont droit à leur sucre du bien paternel.
On le pratique de moins en moins mais il arrive qu'un amoureux remette un cœur de sucre à sa fiancée et celle-ci, en prenant la première croquette de sucre, formule un vœu, généralement celui de se marier bientôt.
Le passage de l'adolescence
L'une des étapes les plus importantes de la vie d'un jeune homme, à travers tous les rites de passage, est celle qu'il franchit lorsqu'il passe de l'enfance à l'adolescence. Dans la Beauce, lorsqu'on confiait à un garçon la responsabilité de la cabane pendant la nuit pour faire bouillir, c'était signe que le jeune homme avait laissé le groupe de l'enfance, et qu'il était assez vieux pour regarder par-dessus la clôture, c'est-à-dire pour rencontrer des jeunes filles.
Rôle protecteur de la cabane à sucre
Une légende rapporte de quelle façon la cabane à sucre pouvait même jouer un rôle protecteur. On raconte qu'un homme était poursuivi par un bandit et que, passant devant une cabane dont la porte n'était pas verrouillée, il entra s'y cacher. Aussitôt qu'il eut franchi le seuil, des araignées y tissèrent leurs toiles, laissant croire au poursuivant que personne n'y était entré depuis longtemps. L'homme fut sauvé, prétend la légende, et depuis lors, aucun sucrier ne barre la porte de sa cabane durant l'année.
On sait que pendant la guerre 1939-1945, nombre de conscrits beaucerons se cachèrent dans les cabanes à sucre. Toute l'année, dans la cabane, on laisse des allumettes dans une petite boîte de fer blanc que l'on place bien en vue sur une poutre, de même que du sirop d'érable. On dit qu'une personne perdue en forêt et qui s'y réfugierait pourrait ainsi se maintenir en vie. Il n'y a pas plus de vingt ans, le sucrier laissait dans la cabane, toute l'année durant, les réserves de sucre pour la consommation familiale. Mais, de dire les informateurs, on a abandonné cette coutume, parce que, avec la venue à la campagne des gens de la ville, la nourriture disparaissait.
Sources:
Le sucre du pays, Jean-Claude Dupont, Leméac. 1975.
.
COUTUMES ET CROYANCES (2)
La bénédiction des érables et autres coutumes religieuses
Certaines manifestations religieuses ont complètement disparu, comme la bénédiction des érables qui avait lieu chaque année au XIXème siècle. Le curé, en habits sacerdotaux, suivi de ses paroissiens, se rendait dans une sucrerie et bénissait les érables en y jetant de l'eau bénite. Au moins deux informateurs ont mentionné que cette eau bénite était constituée de sève d'érable, mais cette tradition serait locale si elle a vraiment existé. On ne retrouve plus non plus depuis une trentaine d'années la coutume de se servir du tondre de bois de cabane pour allumer le feu nouveau du Samedi Saint.
Le jour des Rogations, on se rendait à l'église et toute la famille priait pour que la prochaine récolte d'eau d'érable soit abondante. On priait aussi pour remercier Dieu de la saison des sucres qui venait juste de se terminer. Bien que la cérémonie religieuse existe encore, il ne semble plus que le chef de la communauté demande à ses enfants de prier pour remercier Dieu de la saison des sucres. D'autres phénomènes religieux sont cependant bien vivants. À l'été 1972, monsieur Gédéon Richard, de Saint-Séverin de Beauce, a fait élever une croix d'une dizaine de pieds de hauteur dans sa sucrerie pour en commémorer le centenaire, mais aussi pour remercier Dieu des produits de l'érablière.
J'ai vu en 1965, dans de nombreuses cabanes, la petite statut de Notre-Dame-des-Érables. Cette figurine, jadis sculptée dans une pièce de bois de cèdre ou de pin, est maintenant en verre ou en plâtre; elle représente la Vierge tenant d'une main l'Enfant-Jésus, et de l'autre une feuille d'érable.
Le rameau de sapin béni placé au-dessus d'une poutre est encore partout présent, et à certains endroits, on retrouve aussi des médailles religieuses. Le rameau de sapin béni intégré à la technique du bouillage existe aussi très souvent, bien qu'un outillage moderne utilisé ne justifie plus sa présence. Cette petite branche était suspendue juste au-dessus de la bouilleuse, et dès que le gonflement du sirop avait lieu, elle avait la vertu d'arrêter le débordement. Une petite couenne de lard salé, de même que l'eau, le beurre, le lait ou la crème pouvaient aussi contrôler l'ébullition.
Enfin, autre manifestation religieuse, ajoutons que lorsque le sucrier entendait sonner l'angélus, il se signait.
Une saison de renaissance
Le temps des sucres arrive en même temps que l'équinoxe du printemps; la sève, source de vie, annonce le retour du cycle des activités nouvelles; c'est le moment de la purification des lieux, grands ménages, et de l'engraissement du corps au sortir d'un carême qui laisse son homme maigre. On s'empiffre alors, à Pâques, d'oeufs et de jambon. L'homme sort également d'une période pendant laquelle il a mis ses guenilles de côté (le mardi-gras et la mi-carême) et, symboliquement, il profite des fêtes à la cabane à sucre pour beurrer sa figure et celle des autres avec de la tire et de la suie de bouilleuse (c'est le vieil homme qui se rajeunit par le jeu des masques). L'homme s'est purifié spirituellement par la communion pascale et il s'est attiré de la chance par des souhaits de Pâques; il participe aussi à des réjouissances comme celles des danses à la cabane à sucre pour recréer la vie nouvelle.
Art populaire et moules à sucre
Les formes et les motifs d'art populaire qui décorent les moules à sucre ont une réalité extérieure qui cachent un symbolisme profond. Ces images conventionnelles sorties du subconcient et qui traduisent une recherche de la vie sont nombreuses; les motifs décoratifs des estampes, des moules à sucre se groupent sous différents thèmes, ceux de la végétation, des astres, des formes géométriques, des organes vitaux du corps humain, etc. C'est ainsi que l'on retrouve la rouelle, le soleil, les fleurs, la gerbe de blé, le coeur, le phallus, etc.
Le sucre du pays, Jean-Claude Dupont, Leméac. 1975.
.















































