LE QUEBEC

PARTONS ENSEMBLE A LA DECOUVERTE DU QUEBEC.

12 décembre 2007

LA GUIGNOLEE

Guignolee

La guignolée est un événement annuel ayant lieu au Québec, au début du mois de décembre. Elle prend la forme d'une collecte de nourriture et d'argent pour venir en aide aux plus démunis.

Pendant les premières semaines du mois de décembre, des hommes et des femmes vont de porte en porte, dans les maisons et les appartements, recueillir des dons pour les plus défavorisés de leur quartier. Voilà ! c'est ça La guignolée ! Cette opération se déroule à la fois dans les quartiers plus résidentiels et dans les centres commerciaux et les lieux de travail.

Lors des visites, les " quêteux " entament une chanson, surtout son refrain, souvent repris par les résidants: " La ignolée, la ignoloche ", mots du vieux français dont la signification s'est perdue mais qui sont à l'origine du nom de cette activité si importante La guignolée.

Cette activité remonterait à la fête celte de fin d'année (décembre), au cours de laquelle les druides coupaient le gui (plante sacrée) et le donnaient aux malades et aux pauvres pour leur apporter réconfort en lançant le cri : Au gui l'an neuf qui semble être à l'origine de l'expression Ignolée ou Guignolée.

"La guignolée est, une fête du partage qui, à l'origine avait lieu la veille du Nouvel An et témoignait de la solidarité des habitants d'un rang, alors que d'autres formes d'entraide se limitaient aux voisins immédiats ou étaient pratiquées à l'échelle de la paroisse entière.

Si elle a conservé des racines religieuses, païennes et chrétiennes, cette quête s'étend désormais à tout le mois de décembre, soutenue par les médias. Au Québec, les premières guignolées ont, vraisemblablement, été organisées par la Société Saint-Vincent-de-Paul, vers 1861-62.

Chanson de la guignolée

Bonjour le maître et la maîtresse
Et tout le mond' de la maison

Pour le dernier jour de l'année
La Ignolé' vous nous devez

Si vous voulez rien nous donner
Dites-nous lé-e:

On emmènera seulement la fille aînée.
On lui fera fair' bonne chère,

On lui fera chauffer les pieds.
On vous demande seulement

Une chignée
De vingt à trente pieds de long Si vous voulez-e.

La Ignolé', la Ignoloche,
Mettez du lard dedans ma poche

Quand nous fûm's au milieu du bois
Nous fûm's à l'ombre;

L'entendais chanter le coucou
Et la colombe.

Rossignolet du vert bocage,
Rossignolet du bois joli.

He! va-t-en dire à ma maîtresse
Que je meurs pour ses beaux yeux.

Toute fill' qui n'a pas d'amant,
Comment vit-elle?

Ell' vit toujours en soupirant,
Et toujours veille.

Chanson traditionnelle québécoise

Posté par ChristineG à 21:20 - Traditions et fêtes de fin d'année - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LE REVE DU GRAND NORD

«On est loin de la ville !» La remarque, lancée par Serge Ashini Goupil, entrepreneur innu en tourisme, fait sourire. À cause de sa justesse mais surtout de la tonalité surréaliste qui l'accompagne en ce coin ultra-retiré du monde : Wedge Point, c'est son nom, un petit bout de presqu'île nageant dans la rivière George, à 250 kilomètres de Schefferville. Direction nord, au-delà du 56e parallèle.


Difficile d'en douter. En ces lieux, le bruit du métro et la douce odeur des gaz d'échappement sont effectivement à des années-lumière, remplacés depuis quelques heures par le silence de la nature, les lacs en rafale, un esker remarquable plongeant dans la rivière et surtout la végétation unique de la toundra arbustive qui caractérise, à cet endroit, les paysages du Nord-du-Québec.

Un décor plutôt exotique, pour l'urbain s'entend, habité en ce mois d'août par de minuscules (mais voraces) mouches noires, des ours, des porcs-épics et des caribous, un décor dans lequel l'homme de 32 ans souhaite aujourd'hui concrétiser son rêve  : tisser des liens entre les communautés autochtones du Québec et les Blancs qui partagent le même vaste territoire. À travers le tourisme et le dépaysement.

Le rêve, à l'heure où « ces deux communautés ne cessent de s'ignorer », dit-il, est un peu fou. Mais depuis deux ans, il est pourtant en train de prendre véritablement forme sous la houlette du jeune Innu, à 1200 kilomètres au nord de Montréal, dans ce vide nordique où Aventure Ashini, son entreprise, élit domicile chaque été pour permettre aux gens de la ville de renouer avec la nature, mais aussi de nouer avec cette autre culture qui a façonné le Québec d'hier et continue encore de construire celui d'aujourd'hui. Souvent dans la plus grande indifférence.

Et pourtant. À mi-chemin entre la chaîne des monts Torngat, au nord, et de la mer du Labrador, à l'est, Wedge Point en a long à dire à qui prend la peine de s'y rendre, estime Serge Ashini Goupil. Et beaucoup à montrer aussi, à la fin de l'été, période de l'année où les caribous traversent massivement la rivière George au lever et au coucher du soleil, à quelques encablures de là.

Baptisé Kanuauakant Atik (là où traverse le caribou), l'endroit est connu de plusieurs générations d'Innus, appelés autrefois Montagnais, comme une passe migratoire majeure du deuxième plus important troupeau de rennes du Canada. Connu, mais souvent visité aussi dans le passé par les anciens de cette tribu, comme en témoigne sur le sol, autour du campement traditionnel -- érigé sur une butte au vent pour protéger les visiteurs des mouches --, l'archéologie de leurs nombreux passages.

« C'est vide. Mais en même temps c'est habité », lance M. Ashini Goupil avec à ses pieds la trace imprimée à jamais d'un shaputuan (la tente innue des grands rassemblements, dotée d'un système de chauffage à deux feux). « Nous sommes au coeur de notre histoire. Celle des Innus qui chaque année se rencontraient ici pour chasser le caribou. »

Exotisme à la porte

Le ton est donné. Voyage dans l'espace d'un Québec méconnu, l'aventure proposée par l'entrepreneur -- qui lui a permis de décrocher en 2003 le prix des Premières Nations au Concours québécois en entrepreneurship -- devient très vite l'occasion d'une balade dans le temps. Ce temps qui semble s'arrêter au moment où l'hydravion prend son envol après avoir déposé sa cargaison d'humains sur les rives de la
rivière George. Ce temps aussi des esprits, de la chasse, du rapport à la nature en marge des grands courants superficiels et touristico-consommatoires du moment.

«C'est là-dessus que nous souhaitons miser, souligne-t-il. Les gens paient aujourd'hui plusieurs milliers de dollars pour se dépayser à l'autre bout du monde, en Asie, en Patagonie... Mais ici, ils ont pourtant de l'exotisme à leur porte, pour le même prix »... À condition, bien entendu, d'être patient.

Car le Nord, si proche à environ trois heures d'avion de Montréal, se montre aussi capricieux et farouche lorsque vient le temps de l'approcher. La faute à la météo et à l'agenda souvent trop chargé, en cette fin d'août, des pilotes de brousse qui, de Schefferville, se chargent de répandre les voyageurs sur l'ensemble du Nitassinan, le territoire traditionnel de la nation innue.

«Il faut composer avec cette dimension, dit Roger Wylde de la Société touristique des autochtones du
Québec (STAQ), l'un des participants à cette aventure de quelques jours. Ça fait partie de l'aventure. »

L'Algonquin, un habitué des voyages là où les parallèles expriment froid et désertification, dit vrai. Et il aura d'ailleurs cinq bonnes heures d'attente forcée -- par un bris mécanique sur l'avion reliant Montréal à Schefferville -- pour le répéter. Et pour souligner au passage qu'une fois arrivé à destination, ces impondérables se font alors vite, très vite oublier.

La sagesse est douce à l'oreille de l'impatient. Mais elle tranche aussi, en ce vendredi après-midi pluvieux, avec celle des autres passagers du Convair 580  : de riches chasseurs américains, sans doute membres de la National Rifle Association (NRA), en costume de camouflage, fin prêts à affronter le Nord pour en rapporter des trophées de bois.

La nuque rougie par le soleil et la bière matinale en main. « C'est une activité économique très importante dans cette région, poursuit M. Wylde en souriant. Mais c'est aussi, chaque fois qu'on monte dans l'avion, un
véritable choc culturel. »

Un choc dont l'onde n'est toutefois pas près d'atteindre, au grand dam de ses « amateurs de plein air », les rives de Wedge point où Serge Ashini Goupil se démène pour déconstruire désormais cette image du Nord où les chasseurs sportifs semblent faire la loi. « Ce n'est pas la clientèle que nous recherchons, dit-il. On peut avoir ici bien plus que ce genre de trip. »

Au rythme de l'environnement

Et il le prouve au premier contact en accueillant les visiteurs avec un ragoût de caribou fumé, tué la veille dans la tradition de ses ancêtres et seulement pour la subsistance de ses invités. Le tout accompagné de l'aussi traditionnelle banique, le pain poêlé autochtone.

Après deux heures dans le confort d'un hydravion, l'attention, mitonnée par Elizabeth Ashini, la mère de Serge, est réconfortante. Et elle marquera aussi le début d'un séjour dans le Nord conjugué au temps des éléments qui rapidement imposent leur rythme.

C'est qu'à Wedge Point ,où les horloges donnent l'impression de s'arrêter, c'est au plafond nuageux, au soleil et au vent que revient la lourde tâche de définir le déroulement des journées. Avec, ici, une balade en
rabaska sur la rivière George, là, une randonnée pédestre sur l'esker qui embellit majestueusement le paysage immédiat, ou encore une visite commentée des innombrables sites archéologiques marquant l'endroit.

Et l'on se met rapidement à oublier ses racines urbaines en s'abandonnant dans... une partie de pêche miraculeuse au filet -- un privilège que seules les Premières Nations du Québec partagent -- dans la chasse aux bleuets sauvages qui peuplent le sol, dans la cueillette du thé du Labrador (qui produit une délicieuse tisane au goût résineux et à l'effet laxatif quand on en abuse), ou encore dans la contemplation d'un ciel étoilé, avec aurore boréale en prime, que seul un écran sphérique de planétarium est capable de sublimer.

Dans ce mushuau-shipu -- traduction libre  : pays de la terre sans arbre, en innu --, les nuits se coulent dans un bon sac de couchage sous un tashtuaikanitshuap (tente circulaire avec toit à pignon et chauffage
central au bois), les poissons se vident en groupe pour mieux les faire fumer à l'ancienne, l'eau se boit directement de la rivière, les toilettes sont chimiques et transportables à l'extérieur et les soirées se terminent toujours dans le shaputuan, au coin du feu, avec des commentaires tantôt didactiques sur l'univers des Innus, tantôt fabuleux sur leurs contes et légendes. Sans toutefois sombrer dans ce folklore indien éculé que chérit tant une certaine frange de touristes francophones venant de loin.

« J'explique la vie de notre communauté, mais j'apprends aussi beaucoup sur mes propres origines en faisant ça, avoue le maître d'oeuvre de ce projet touristique atypique. Les jeunes Innus de ma génération vivent principalement en ville. Beaucoup d'entre eux rêvent de passer du temps dans le bois mais n'ont pas le temps ni l'argent pour le faire. Je me trouve donc privilégié d'être ici. Mais je le voulais, c'est un peu, pour moi, comme une quête identitaire. » Une quête, d'ailleurs, qui ne vaudrait rien, selon lui, si elle n'était pas
désormais partagée...

Ce reportage a été réalisé en collaboration avec Tourisme Québec, la Société touristique autochtone du Québec et Aventures Ashini.

http://www.ashini.com/fr/innus/

Posté par ChristineG à 17:49 - Tourisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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